Chaque sport a ses caractéristiques. On dit du rugby que c’est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen. On pourrait dire de la voile que c’est un sport de gros bras pratiqué par des intellectuels. Car s’il faut du muscle pour border les écoutes, il en faut aussi du jus de crâne pour zigzaguer astucieusement sur le plan d’eau!

Mais avant même d’attaquer les bouées, il faut résoudre la quadrature du cercle : comment faire régater ensemble de manière équitable 2 engins différents afin d’évaluer leurs vitesses potentielles et leur attribuer, à chacun un handicap qui équilibre les chances ? Et quand on l’a fait pour deux bateaux, il faut le faire pour tous les bateaux à travers un système utilisable en toutes circonstances. Pas simple ...

C’est le rôle des jauges et en apparence, un domaine pour experts qui, utilisant les mesures propres à chaque bateau, sont capables de construire de savantes formules, faites d’intégrales et de racines carrées, très impressionnantes pour les néophytes. 

De 1835 à nos jours, de cerveaux ingénieux et passionnés, des centaines de formules naîtrons.

Pour se faire idée de cette époque prolixe, deux congrès rassembleront pratiquement toutes les sociétés de régates françaises (60 ont répondu à la convocation de 1868). Chacune apporte dans son sac, sa formule de jauge locale accompagnée de ses restrictions. Notons qu’en 1868, le Ministre de la Marine –de Napoléon III- qui par l’intermédiaire de son administration subventionnait les régates, interviendra personnellement pour tenter d’uniformiser les formules de jauges... sans succès d’ ailleurs. 

Les architectes navals, les ingénieurs du génie maritime, qu'ils soient Anglais, Français, Allemands, Italiens et même du nouveau monde publiront des dizaines d'ouvrages sur la pratique de la régate et la théorie des navires.

Cela dure depuis plus de 150 ans et aucun signe d'essouflement n'apparait à l'horizon. 

Des nouvelles règles de Jauges apparaissent presque chaque année, souvent pour un rapide tour de piste.

Certaines, plus pragmatiques, passionneront, feront preuve de résilience et passeront les tempêtes.

 Pour bien comprendre les évolutions de toutes ces formules de Jauge, vous pouvez vous rapprocher du e-book "HISTOIRE des JAUGES depuis 1835", en cllquant sur le site:

                     https://fr.calameo.com/books/004683826d2d9f75a4cf8     
  ou télécharger le même livre en PDF en cliquant sur: "HISTOIRE des JAUGES depuis 1835".
 

On entend souvent parler de JAUGE OPEN, ce qui parait signifier "ABSENCE de REGLES"....

Les années passants, force est de constater que la JAUGE OPEN  impose très souvent plus de contraintes que les JAUGES à caractère universel.

On en arrive à se poser la question:

L’OPEN mythe ou réalité ? (Écrit en 2010)

            L’antinomie des mots JAUGE et OPEN est flagrante, en effet une JAUGE représente par essence un carcan mathématique dont le but est d’encadrer strictement les formes et les innovations architecturales d’un voilier de course qu’il soit destiné à la Course au Large ou aux régates en baies. Suivant le souhait du « législateur », la règle mathématique sera plus ou moins complexe et évoluée, dans le but de contrôler, de limiter les ardeurs architecturales et surtout de conserver la gestion « politique » des évolutions possibles.

            Au final une règle de Jauge, quel que soit son niveau technique, conduit à une forme architecturale – au sens large – optimisée…. pour un style de parcours défini préalablement. Nous reviendrons plus en avant, sur ce binôme : Règle de Jauge / Parcours.

            A l’opposé, l’OPEN représente théoriquement la liberté architecturale totale. En théorie rien ne doit faire obstacle, rien ne doit freiner les initiatives des architectes, des skippers, que se soit au niveau de la conception, de la fabrication, des matériaux etc. Le seul but à atteindre est la plus grande vitesse sur un parcours imposé.

            C'et vrai un certain temps, mais assez rapidement des limites imposées apparaissent, et ces limites ne viennent pas obligatoirement d'ou on les attend.

La suite au format PDF en cliquant sur : L’OPEN mythe ou réalité ?